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Etudier et suivre les espèces et  leurs habitats

Les milieux humides représentent l'une des richesses naturelles les plus remarquables du Parc naturel. La désignation de la vallée de la Haute-Sûre comme site Ramsar a été une véritable reconnaissance mondiale de leur qualité. Maillons importants du cycle de l'eau, les prairies humides, bas marais, rivières ou mares sont de véritables réservoirs de vie pour de nombreuses espèces animales ou végétales. Elles remplissent des fonctions écologiques, économiques, scientifiques et culturelles essentielles.

Ce riche patrimoine contribue à la qualité du maillage écologique européen et justifie la désignation de plusieurs sites Natura 2000 sur le territoire. Que ce soit les végétaux, les insectes ou les oiseaux, le bassin de la Sûre regorge de trésors qui justifient la présence de plusieurs réserves naturelles. La « vedette » du territoire est toutefois la loutre qui, avec la moule perlière (également présente dans certains cours d'eau), fait partie des espèces les plus menacées du bassin de la Haute-Sûre, et de l'Union européenne en général.

Des suivis sont mis en place dans le cadre de différents projets, d'une part pour renforcer les inventaires existants, d'autre part pour estimer l'impact de certaines actions de restauration. Les recensements sont intégrés dans les bases de données des programmes de surveillance de la biodiversité de l'administration.

Etude génétique de la truite fario

 

La truite de rivière est une espèce qui fait l'objet d'importantes introductions dans le milieu naturel. Ce n'est que récemment que les scientifiques se sont rendu compte que des actions qui étaient jusqu'ici menées pour favoriser l'espèce pouvaient paradoxalement avoir un impact négatif sur les populations, particulièrement au niveau génétique. En effet, les truites de pisciculture sont peu soumises à la sélection naturelle.

Dans les populations sauvages, les gènes les moins adaptés sont éliminés au profit de ceux qui conviennent le mieux au milieu (c'est le mécanisme classique de l'évolution des espèces).

Au contraire, les populations domestiques gardent de génération en génération toute une série de génotypes peu adaptés à la vie sauvage (du fait d'une vie en milieu artificiel et d'une reproduction assistée par l'homme). Le problème peut survenir quand des truites domestiques déversées dans la rivière se reproduisent avec les poissons sauvages. On observe alors un phénomène d'introgression. Dans ce cas, une partie des gènes domestiques, peu adaptés au milieu naturel, sont transmis à la génération suivante. De génération en génération, il y a un risque de voir les gènes domestiques s'installer dans le réservoir génétique sauvage d'origine, avec à terme une diminution de l'adaptabilité pouvant mener au déclin de la population. L'introgression provoque aussi une perte de diversité. Des populations naturelles ayant évolué dans des milieux différents présentent chacune des génotypes particuliers. Au contraire, les truites domestiques sont toutes génétiquement très semblables. En introduisant des génotypes domestiques dans des génotypes sauvages à l'origine bien distincts, on risque d'effacer cette diversité entre populations.

 

 

Découvrez le projet en détail sur notre site www.crhs.eu (rubrique MigraSûre)

Monitoring des espèces remarquables

 

En ce qui concerne les Odonates, les populations de deux libellules menacées (Gomphus vulgatissimus et Onychogomphus forcipatus) sont suivies de manière régulière sur différents secteurs de la Sûre. Par la récolte régulière des exuvies, une évaluation fine de leur répartition dans l'espace et le temps peut être réalisée. En outre, différents milieux humides du bassin sont régulièrement investigués. Plusieurs populations d'espèces menacées ont ainsi déjà été découvertes (Lestes dryas, Coenagrion scitulum, Ischnura pumilio, Orthetrum coerulescens, Orthetrum brunneum...), notamment sur les mares et milieux nouvellement créés ou restaurés. D'autre part, des inventaires de papillons de jour sont menés dans différents milieux naturels (zones humides, milieu forestier, talus secs...). Ceux-ci ont permis d'identifier de nouvelles populations d'espèces menacées typiques des fonds de vallées humides (Lycaena helle, Lycaena hippothoe, Boloria eunomia), ainsi qu'une toute première mention du cuivré des marais (Lycaena dispar) dans le site Ramsar de la Haute-Sûre. D'autres espèces rares ont également été découvertes, comme Glaucopsyche alexi, Satyrium illicis, Argynnis aglaja. Dans ces deux groupes, une attention particulière est portée aux espèces à tendance méridionale dont l'expansion vers le nord est un indicateur du réchauffement climatique (Sympetrum fonscolombii, Crocothemis erythraea, Brenthis daphne...).

 

Les populations de moules perlières (Margaritifera margaritifera) des cours d'eau du Parc naturel représentent l'un des derniers bastions de l'espèce à l'Ouest du Rhin. Une autre espèce Natura 2000, la mulette épaisse (Unio crassus), est également présente. Plusieurs transects de cours d'eau ont été échantillonnés en soutien à l'Administration pour le suivi des populations de ces deux naïades.

Inventaires habitats

 

A l'échelle du site Ramsar de la Haute-Sûre, c'est un inventaire complet des habitats humides qui a été réalisé (hors site Natura 2000) dans un corridor fluvial de 50 m. Cette prospection de terrain a permis de récolter diverses informations (flore, faune, gestion, état de conservation...) afin de caractériser au mieux l'état actuel des zones humides de la vallée de la Haute-Sûre. En tenant compte des espèces végétales dominantes recensées et de la gestion actuelle, les habitats du couloir ont été classés parmi 21 catégories basées sur la typologie EUNIS. Sur base de ce diagnostic, des mesures de gestion ont été proposées pour quelques habitats (bas-marais, mégaphorbiaie...) et à l'échelle du bassin versant de la Haute-Sûre (mesures agri-environnementales) au travers de fiches-actions dont l'objectif vise la conservation des habitats et l'amélioration de la qualité de l'eau.

 

Au niveau ornithologique, le potentiel d'accueil des berges de cours d'eau pour le martin-pêcheur. Cet inventaire a été réalisé sur base de fiches de recensement réalisées par la Ligue Royale Belge pour la Protection des oiseaux. Les berges ont été classées en fonction de leur qualité, déterminée en fonction de la verticalité et de la hauteur de la berge. Toutes ont été photographiées et encodées dans un système d'information géographique. Cet inventaire a permis de mettre en évidence les zones plus favorables. Sur la carte, on observe un noyau de berges intéressantes entre Menufontaine et Bodange ainsi que quelques berges disséminées le long de la Sûre frontalière, en aval de Grumelange.

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